Fumées chirurgicales SNIBO

Fumées chirurgicales : un enjeu majeur de santé au travail porté par le SNIBO

Fumées chirurgicales : l’action du SNIBO

Introduction

Les fumées chirurgicales représentent aujourd’hui l’un des risques professionnels les plus importants au bloc opératoire. Issues de l’action thermique des bistouris électriques, des lasers et des dispositifs à ultrasons, elles contiennent un mélange complexe de particules ultrafines, de composés chimiques toxiques et d’agents biologiques potentiellement infectieux.
Ainsi, inhalées quotidiennement par les professionnels, elles exposent le personnel du bloc opératoire à des dangers avérés mais encore sous‑estimés.

Conscient de cet enjeu de santé publique, le SNIBO, aux côtés de l’UNAIBODE, s’est mobilisé dès 2022 pour obtenir une reconnaissance institutionnelle de ce risque et provoquer une expertise nationale par l’ANSES. Grâce à cette action déterminante, le sujet est désormais inscrit dans l’agenda sanitaire français.

Composition des fumées chirurgicales

Les fumées chirurgicales contiennent majoritairement :

  • 95 % de vapeur d’eau
  • 5 % de sous‑produits toxiques issus de la pyrolyse des tissus vivants

Plus précisément, elles peuvent renfermer :

  • des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP),

  • du benzène, du formaldéhyde, du cyanure d’hydrogène,
  • des particules ultrafines de 0,007 à 7 µm, très facilement inhalables,
  • des éléments biologiquement actifs : cellules, bactéries, virus (HPV, Hépatite B, SARS‑CoV‑2).

En outre, la composition varie en fonction :

  • du type d’énergie utilisée (électrochirurgie, laser, ultrasons),
  • de la puissance délivrée,
  • de la nature du tissu opéré.

Risques pour la santé

Effets aigus

L’exposition brève mais répétée peut entraîner :

  • irritations oculaires et respiratoires,
  • céphalées, nausées, fatigue,
  • gêne olfactive,
  • réduction de la visibilité du champ opératoire.

Effets chroniques

Bien que les données épidémiologiques restent limitées, la littérature internationale met en évidence :

  • une suspicion d’effets génotoxiques et carcinogènes,
  • des atteintes respiratoires chroniques,
  • des modifications de marqueurs biologiques chez les soignants exposés.

Risques infectieux

Par ailleurs, plusieurs virus viables ont été retrouvés dans les fumées opératoires :

  • HPV
  • Hépatite B
  • SARS‑CoV‑2

D’ailleurs, plusieurs publications rapportent des cas de contamination de personnel soignant après exposition prolongée à ces fumées.

Exposition réelle au bloc opératoire

L’exposition peut être particulièrement importante :

  • la concentration de particules peut être multipliée par 17 en cinq minutes lors d’une électrochirurgie,
  • plus de 500 000 professionnels dans le monde sont exposés régulièrement,
  • la chirurgie ouverte est la plus émissive,
  • la cœlioscopie réduit l’inhalation directe mais reste génératrice de fumées.

Ainsi, pour les IBODE et l’ensemble des professionnels du bloc, ces expositions répétées constituent un risque non négligeable nécessitant rapidement des mesures de prévention adaptées.

Mobilisation du SNIBO – Frise chronologique

Depuis 2022, le SNIBO joue un rôle central dans la prise en compte institutionnelle du risque lié aux fumées chirurgicales.

2022

  • Septembre : participation à la visio SNITEM « bloc sans fumée ».
  • Décembre : envoi du premier courrier de saisine conjoint SNIBO – UNAIBODE à l’ANSES.

2023

  • Juin : envoi du deuxième courrier intersociétés (SNIBO, UNAIBODE, SFCO, SF2H, ANMTEPH) demandant une expertise nationale.

2024

  • Février : dépôt d’une question écrite à l’Assemblée nationale concernant l’exposition aux fumées opératoires.
  • juin : réunion officielle entre le SNIBO, l’ANSES et les co‑signataires du second courrier, confirmant la nécessité d’une expertise.

2024 → 2026

L’ANSES met en place un comité d’experts chargé d’élaborer une expertise collective nationale fondée sur l’ensemble des données scientifiques publiées au niveau national et international.

Cette mobilisation continue témoigne de l’engagement fort du SNIBO pour la sécurité des IBODE et des équipes chirurgicales.

Mesures de prévention

Protection collective (prioritaire)

  • Aspiration à la source (bistouris aspirants, dispositifs dédiés)
  • Systèmes d’évacuation avec filtres adaptés
  • Ventilation contrôlée et renouvellement d’air du bloc opératoire

Protection individuelle

  • Port de masques FFP2 lors des expositions importantes
  • Les masques chirurgicaux standards ne filtrent pas les particules ultrafines

Organisation et formation

  • Formation régulière du personnel
  • Standardisation des pratiques
  • Sensibilisation des chirurgiens et directions
  • Développement d’une culture sécurité IBODE intégrant la prévention des fumées

Conclusion

Les fumées chirurgicales ne sont pas un simple désagrément : elles représentent un risque toxicologique et infectieux sérieux, largement documenté. Grâce à la mobilisation du SNIBO et de ses partenaires, ce sujet est désormais pleinement reconnu par les autorités sanitaires françaises.

L’expertise nationale de l’ANSES, attendue pour 2026, devrait enfin permettre d’établir des recommandations obligatoires en matière d’évacuation des fumées. Cela renforcera la sécurité des professionnels du bloc opératoire, permettant au SNIBO et à ses adhérents de mettre en place des mesures de protection adaptées dans les établissements.