Contrat d’engagement IBODE : bilan et défis pour 2031
Contrat d’engagement IBODE : des résultats concrets, mais un enjeu majeur de formation
Réuni le 21 septembre 2026 à la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), le comité de suivi du contrat d’engagement IBODE a dressé un bilan d’étape du dispositif.
Si les résultats présentés témoignent de l’implication des acteurs du bloc opératoire, ils révèlent également une difficulté persistante : la trajectoire de diplomation reste insuffisante pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2031. Cette situation contraste avec le succès des mesures transitoires déployées ces dernières années.
Une mobilisation collective au service de la qualification IBODE
Depuis plusieurs années, le Syndicat National des Infirmiers de Bloc Opératoire (SNIBO) participe activement aux travaux menés par les pouvoirs publics pour accompagner l’application de la réglementation relative aux actes exclusifs IBODE.
Cette mobilisation a permis de construire des mesures transitoires adaptées aux difficultés rencontrées par les établissements de santé. L’objectif demeure de garantir la continuité de l’activité opératoire tout en maintenant une ambition forte de qualification IBODE.
Des résultats significatifs grâce au dispositif MT10
Les chiffres présentés lors du comité de suivi illustrent une dynamique réelle.
Le dispositif MT10 a permis à 8 719 infirmiers diplômés d’État de s’engager dans le parcours transitoire. À ce jour :
- 6 300 autorisations temporaires ont été délivrées ;
- 2 419 autorisations définitives ont été accordées.
Ces résultats démontrent l’engagement des professionnels, des établissements de santé, des écoles IBODE, des agences régionales de santé et des pouvoirs publics pour répondre aux exigences réglementaires.
Une meilleure connaissance de la profession
Le recensement national permet désormais de disposer d’une photographie plus précise de la profession.
Aujourd’hui, 8 093 équivalents temps plein IBODE exercent sur le territoire. Cette donnée constitue un indicateur important pour anticiper les besoins futurs et adapter les politiques de formation IBODE.
Le principal défi du contrat d’engagement IBODE : former davantage d’IBODE
Malgré ces avancées, le principal objectif du contrat d’engagement IBODE reste insuffisamment atteint.
En 2026, les écoles IBODE disposaient de 866 places de formation. Pourtant, seuls 570 professionnels ont effectivement intégré un cursus, soit un taux de remplissage de 66 %.
L’objectif initial prévoyait 810 départs en formation. Ce niveau n’a donc pas été atteint.
Pour le SNIBO, cette situation constitue un signal d’alerte. Les capacités d’accueil existent, les écoles se sont organisées et les besoins des blocs opératoires sont identifiés. Toutefois, le nombre de professionnels entrant en formation demeure trop faible pour garantir l’atteinte des objectifs de diplomation des IBODE.
Le financement, principal frein à la formation
Les données présentées apportent un éclairage précis sur les difficultés rencontrées.
Parmi les 212 reports de formation recensés :
- 185 sont directement liés à des difficultés de financement.
Ainsi, près de neuf reports sur dix résultent de l’absence de financement permettant l’entrée en école.
Ces chiffres montrent clairement que le principal obstacle à la formation IBODE n’est ni le manque de candidats ni l’absence de places disponibles. Le frein majeur demeure l’accès aux financements nécessaires.
Dans ce contexte, le SNIBO appelle à une vigilance renforcée concernant l’utilisation effective des enveloppes dédiées à la formation ainsi qu’à une mobilisation accrue de l’ensemble des financeurs.
La VAE : un levier complémentaire à développer
La Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) a également occupé une place importante lors des échanges.
Le lancement d’un groupe de travail national constitue une étape attendue par la profession. Plusieurs difficultés sont désormais clairement identifiées :
- des disparités territoriales ;
- des coûts variables ;
- des modalités d’accompagnement hétérogènes ;
- des organisations différentes selon les régions.
Pour le SNIBO, la VAE doit devenir un véritable levier complémentaire d’accès à la qualification IBODE. Pour cela, elle doit être plus lisible, plus accessible et plus équitable sur l’ensemble du territoire.
Préparer dès aujourd’hui l’après-2031
À cinq ans de l’échéance prévue pour la sortie du dispositif transitoire, la question de l’avenir de la profession est désormais posée.
Les mesures transitoires ont apporté des réponses pragmatiques aux difficultés rencontrées dans les blocs opératoires. Néanmoins, elles ne peuvent constituer une solution durable.
Plusieurs priorités se dégagent pour préparer l’avenir :
- augmenter le nombre d’IBODE formés et diplômés ;
- sécuriser les financements de formation ;
- développer la VAE ;
- renforcer l’attractivité de la profession ;
- poursuivre les travaux de reconnaissance de l’expertise IBODE ;
- approfondir les réflexions autour de la pratique avancée.
Le message du SNIBO : l’objectif reste la diplomation
Pour Olivier Wacrenier, président du SNIBO :
« Les résultats présentés démontrent l’engagement de l’ensemble des acteurs et l’utilité des mesures transitoires mises en place. Toutefois, la réussite du contrat d’engagement ne saurait être évaluée au seul regard du nombre d’autorisations délivrées. Le véritable indicateur de succès reste le nombre d’IBODE formés et diplômés. Aujourd’hui, les objectifs initiaux de formation ne sont pas atteints. Notre responsabilité collective est désormais de lever les freins financiers qui empêchent encore trop de professionnels d’accéder à la qualification, de renforcer la promotion du métier et de la formation IBODE et de préparer dès maintenant la sortie du dispositif transitoire prévue en 2031. »
Un objectif inchangé : garantir la sécurité des patients
Pour le SNIBO, le bilan du comité de suivi invite à reconnaître les progrès accomplis tout en maintenant une vigilance forte.
Les mesures transitoires ont permis de stabiliser la situation des blocs opératoires. Cependant, elles ne doivent pas faire oublier l’objectif fondamental de la réforme : disposer d’un nombre suffisant d’IBODE diplômés pour garantir la qualité et la sécurité des prises en charge chirurgicales sur l’ensemble du territoire.
L’atteinte de l’exclusivité de fonction et la réussite du contrat d’engagement IBODE dépendront directement de la capacité collective à renforcer la formation et la diplomation des professionnels d’ici 2031.
